22! de Marie-Aude Murail

7 Nov

A partir de 8 ans

A 4 semaines du Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, penchons-nous sur des Lauréats.

Ce petit bijou, publié en 2008,  a des airs de vieux contes russes dans lesquels les personnages portent des toques en fourrure, des fourreaux en vison et des longs manteaux.

Il commence ainsi:

Extrait du premier chapitre et illustrations de tout le roman.

Il en va… euh pardon… est ainsi. Pour une chanson créée par un poète audacieux à la naissance de son fils Ivan, un grand duc décide de supprimer la lettre V de son duché. Chaque V, 22ème lettre de l’alphabet, prononcé sera sujet à une amende. 

Sur ce fond de dictature imbécile se déroule surtout un récit très drôle. Le style est en parfaite adéquation avec le déroulement rythmé et cocasse des événements.

L’auteur se soumet également à la règle et s’amuse à reprendre son texte pour y effacer la lettre interdite.

Le jeune lecteur apprendra ici à jouer avec la langue et avec un peu de stimulation il s’amusera lui aussi à imaginer des phrases sans V, sans A, sans O…

Marie-Aude Murail a cette chance d’être à la fois très productive et particulièrement talentueuse.  Du moins ce sont les lecteurs qui ont cette chance car lire un livre de Marie-Aude Murail est la garantie d’un bon moment passé. Son oeuvre, qui comprend plus d’une centaine de récits pour des lecteurs débutants comme pour des ados, croule sous les prix.

La patte de Marie-Aude Murail est son style très actuel et vernaculaire. Ses histoires peuvent être lues à voix haute et le récit vous paraîtra tout à fait naturel.

22!, L’école des Loisirs. 2008. 51 pages

Illustrations: Yvan Pommaux

Plus de textes que d’illustrations. 

Selection du prix Tam Tam en 2008

Prix Livre, mon ami 2009

Pour finir un petit jeu:

Le grand duc n’est pas le premier à avoir banni une lettre de son royaume.

Chercher donc ici la lettre manquante dans l’oeuvre de 1969 de Georges Perec, La Disparition:

« Là où nous vivions jadis, il n’y avait ni autos, ni taxis, ni autobus : nous allions parfois, mon cousin m’accompagnait, voir Linda qui habitait dans un canton voisin. Mais, n’ayant pas d’autos, il nous fallait courir tout au long du parcours ; sinon nous arrivions trop tard : Linda avait disparu.
Un jour vint pourtant où Linda partit pour toujours. Nous aurions dû la bannir à jamais ; mais voilà, nous l’aimions. Nous aimions tant son parfum, son air rayonnant, son blouson, son pantalon brun trop long ; nous aimions tout.
Mais voilà tout finit : trois ans plus tard, Linda mourut ; nous l’avions appris par hasard, un soir, au cours d’un lunch. »

Et ici?

Extrait de Curieux voyage autour du monde de Jacques Arago (1853),

« Chère bonne, vous êtes bien impérieuse, bien despote, comment voulez-vous qu’une plume docile inscrive ici, sur votre ordre, un récit fidèle des vicissitudes de nos courses, puisque je dois subir le frein qui m’est si cruellement imposé ? Que désire le coursier numide ? Les brumeux horizons, les steppes et le désert : prêtez-moi donc plus de liberté, si vous voulez que je n’oublie rien des périlleuses difficultés de cette route si longue et si rude qu’on nous prescrit de sillonner. »


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