Hunger games, Suzanne Collins

14 Oct

Voici un roman parfait pour un long voyage en avion ou en train.  Il a cette veine des romans qu’on ne peut pas poser.

Hunger games est un best seller chez les ados. C’est le premier tome d’une trilogie d’anticipation qui nous propulse dans Panem, une société divisée en 12 districts régis par un gouvernement omnipotent et répressif appelé le Capitole. Les habitants du district 1 vivent dans la sérénité et l’opulence quand les autres galèrent, et plus particulièrement ceux du district 12 qui meurent littéralement le faim. C’est de là que vient Katniss Everdeen, l’héroïne du roman. Chaque année ce vicieux Capitole organise les Hunger Games: dans chaque district, deux enfants de 12 à 16 ans sont tirés au sort et sont jetés dans une immense forêt créée spécialement pour le jeu. Le but du jeu? S’entretuer. Le vainqueur est le survivant. Ce charmant divertissement est filmé et diffusé et suivi (de force) par tous les habitants de Panem. 

On retrouvera dans ce livre un faux air de 1984 mêlé à ce que nous avons trop l’habitude de voir dans les télé-réalités depuis une quinzaine d’années. Suzanne Collins, l’auteur, dit avoir eu l’idée du roman en zappant jusqu’à osciller entre des images de la guerre en Irak et un jeu du type Secret Story. On y retrouvera également le mythe de Thésée dans lequel Athènes devait envoyer des jeunes hommes et femmes en Crète pour se faire dévorer par le Minotaure.

La critique littéraire a été tellement enthousiaste dès sa sortie que le roman a rapidement eu sa place dans un genre littéraire: la dystopie. Aux cotés de 1984, de George Orwell, Farenheit 451 de Ray Bradbury, Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, et bien d’autres, Hunger Games décrit l’envers de l’utopie. Les personnages s’en sortent comme ils peuvent dans le pire du pire.

Toutefois on peut bien se passer de toute théorie pour apprécier ce roman. La lecture de Hunger Games vous donnera peut-être cette sensation qu’on a à 4 ans devant un spectacle des guignols quand on crie « Attention attention il est derriere toiiii!! ». Cette adrénaline met un peu de temps à venir mais une fois l’action bien enclenchée ce roman est tout à fait captivant. On veut que l’héroïne s’en sorte à tout prix, on se demande en secret qui va être la prochaine victime du jeu et quel sera son triste sort. Car oui, il est important de le préciser: Hunger games est trash. Nous sommes loin de la dentelle de Twilight, autre succès des lecteurs ados. Ici il y a du sang, des blessures ouvertes, du pus, des coups de pieux, de la souffrance, bref de la violence brute et parfois dur à supporter.

Vous ne trouverez pas de finesse littéraire dans ce roman. Il a le travers des grosses machineries américaines parfois trop simpliste avec une héroïne un peu trop héroïque et des situations pas toujours crédibles. Mais c’est du spectacle après tout. Considérez-le plutôt comme un bon blockbuster américain car l’artillerie lourde made in US est belle et bien là et il faut se l’avouer, les ricains sont fort en récit d’actions.  Mis à part ces quelques travers, le roman n’en reste pas moins très prenant et assez riche pour se sentir totalement pris dans l’univers du jeu.

Il y a beaucoup à dire sur cette oeuvre. Elle est tout à fait dans l’air -morose et déshumanisé- du temps et répond bien au format de série apprécié par les ados. Tel les séries d’Harry Potter ou de Twilight, Hunger games a ses sites de fans.

Alors, personne ne s’étonnera que de ce roman haletant a été adapté à l’écran. Le film qui sortira en avril 2012 en France. On peut déjà retrouver plusieurs scènes sur Youtube et Daily Motion.

Et pour ceux qui veulent aller un peu plus lire et qui lisent l’anglais, voici un article très interessant du New Yorker:

http://www.newyorker.com/arts/critics/atlarge/2010/06/14/100614crat_atlarge_miller

Et pour finir, un extrait du livre:

http://www.wobook.com/WBIz43j19O2x

Hunger games, Suzanne Collins. Pocket Jeunesse, 2009. 379 pages

Hunger games, Tome 2: L’embrasement, Suzanne Collins. Pocket Jeunesse, 2010. 378 pages

Hunger games, Tome 3: La révolte, Suzanne Collins. Pocket Jeunesse, 2011. 417 pages

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