Le Poney Rouge, John Steinbeck

26 Sep

… ou Le Début de la Lecture pour moi…

Au commencement était la BD. Puis vint Le Poney Rouge de John Steinbeck, imposé par Madame Boyer, professeur de français de ma classe de 6ème7. Le Poney Rouge est le premier livre qui m’a vraiment émue jusqu’aux larmes.  Pour la première fois de ma  vie, je ne pouvais pas poser ce livre sans connaître le sort de ce pauvre poney rouge.

Dans mon souvenir Le Poney Rouge était un roman dans lequel la fin tragique était longue, insupportable mais captivante. 18 ans plus tard, à sa relecture, je constate que, du Poney Rouge, ne m’était resté que 10 pages sur 156.  Le roman est constitué de 3 chapitres qui relatent 3 histoires différentes mais liées. Mon souvenir de la tragédie ne m’a pas trahie car l’un des messages de ce roman est que nous sommes tous destinés à mourir et… à naître.

Comme tous les romans de Steinbeck, l’action se déroule dans une Californie des années 30, où les hommes mangent 4 oeufs, des pancakes et du bacon frit au petit déjeuner et où les femmes sont en permanence devant leurs fourneaux. Jody est un petit américain élevé au grain, en salopette en jean et en chemise de coton grossier. Il vit une enfance à la Tom Sawyer sans l’espièglerie du héros de Mark Twain. C’est un gentil petit garçon de 10 ans qui prend son temps sur le chemin de l’école pour jeter des cailloux dans la rivière, courir pieds nus dans la colline et assure docilement ses tâches au ranch. Il vit avec sa mère, son père, un homme dur, sévère et peu loquace, un de ses hommes qui impressionne mais qui au fond est bon et bienveillant et aussi Billy Buck, le vacher…en d’autres termes, le cow boy, celui pour qui les chevaux n’ont aucun secret. Il le dit lui même, il est « à moitié cheval ». Un matin, Jody découvre dans l’écurie, le cadeau que lui a fait son père: un poney rouge.

Très rapidement le poney tombe malade. Malgré la dévotion de Jody pour son poney et les soins de Billy Buck, le sort en est jeté pour ce poney. Il meurt en 4 jours. Il part mourir loin de la grange sous l’oeil désespéré du petit garçon et les regards sans pitié des rapaces.

Le seconde histoire accueille un vieux chicano qui débarque dans le ranch de la famille de Jody pour y finir ses jours. A la manière d’un Bartleby, il ne veut pas partir de là car «(il) est né ici». Comme le poney rouge, il partira mourir près des montagnes chevauchant le vieux cheval en fin de vie du ranch.

Enfin, pour ouvrir l’imaginaire, la dernière histoire donnera naissance à un poulain qui sera destiné à Jody. Mais là encore, la mort enrobe l’action car l’accouchement de la jument choyée par Jody et Billy Buck ne se passe pas comme prévu et le cow boy doit tuer la maman pour pouvoir sortir le petit poulain.

La vie est belle et bien faite de mort.

Même si le roman est très classique dans sa narration et le déroulement de son action, la subtilité se situe dans le réalisme du récit. Pour commencer, on appreciera l’art de peindre de  Steinbeck. C’est bien simple, on s’y croirait : le ranch, les chiens qui jappent, le bruit du crin qu’on brosse, la lumière du petit matin quand le mère fait sonner le petit triangle pour l’appel du petit déjeuner. Puis il y a l’histoire, parfaitement crédible. Jamais Steinbeck ne tombe dans un sentimentalisme mielleux. Ici le petit garçon est dans l’apprentissage de la vie, de ses petits bonheurs à écouter l’eau de la fontaine jusqu’à la très dure réalité de voir souffrir et partir un compagnon.

Roman de 1933, publié en France en 1981. Gallimard, Folio Junior. 139 pages

A partir de 9 ans

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